01 Decembre
[...] Mon bureau est comme toujours en désordre. Ma vieille machine à écrire et ses lettres de métal froid gisent par terre dans une flaque d'encre, assassinée par mon manque d'inspiration. Il fut un temps où j'écrivais, je veux dire où j'écrivais autre chose que ce fichu journal. J'avais le don pour trouver des vers sublimes, quoi qu'un peu mélancoliques. Ca avait l'air de plaire.
Les femmes aiment les brutes et les artistes, maudits de préférence. Regardez par exemple Pete Doherty. Est-ce qu'il aurait pu coucher avec Kate Moss s'il était resté un enfant tout sage, propre sur lui? Kurt Cobain aurait-il reçu autant de lettres d'amour ? Pourquoi les rockstars ont des groupies qui mouillent leur culotte à chacune de leurs apparitions? Parce que la détresse et la violence sont des choses bien plus sexy qu'un quelconque effeminé qui prend soin de lui et sourit à la vie. Les écorchés vifs ont toujours eu du succès avec le sexe opposé. Il n'y a pas besoin d'explication, c'est quelque chose de primal, de chimique.
Les femmes n'aiment pas les gentils garçons, c'est un fait. [...] . La feministe est pire encore: elle rejette son désir de violence sexuelle et de soumission en affirmant son statut de femme indépendante. L'hypocrisie repousse de plus en plus ses limites.
Journal d'un insomniaque, extrait
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------J'en ai assez de devoir mimer des relations sociales avec des individus que je n'apprécie pas. La sincérité est une chose qu'il devient nécessaire de conserver. Quitte à paraître associable*. L'exemple typique est le nouvel an. Vous êtes dans une fête où il y a des gens que vous ne connaissez pas, qui ne vous intéressent pas forcément et qui, de surcroît, semblent s'amuser, contrairement à vous qui n'avez q'une chose en tête: s'évader au plus vite. Et puis, vient minuit. Tout le monde vient faire le faux cul et fait semblant d'être votre ami durant les quelques secondes que durent la bise et le fameux « Bonne année ». Et vous, faux derche que vous êtes aussi, vous rendez la pareille avec votre plus beau sourire Colgate. A cette heure ci, tout le monde est beau, tout le monde est gentil. Mais la minute qui suit, c'est le retour de l'indifférence. Et c'est très bien comme ça.
On dit que ce qu'on passe l'année comme on la finit.
Selon toute logique, cette année je vais écrire, et même écrire beaucoup. On verra bien si cet adage se révèle vrai ou faux.
En attendant, bonne année.
*edit: C'est "asocial", merci Clem.Faute de français impardonnable.
Photo: Parvis de la médiathèque Maurice Pic, Montélimar