Photo: Buis les Baronnies, place des Arcades
Je me sens comme étranger,
Je regarde les gens passer,
Je les écoute discuter,blasé.
Le monde continue de tourner,
Mais je suis hors du manège,
Cerveau et coeur sous la neige.
C'est comme si un individu
Avait fait pause dans ma vie.
Mon avatar de chair et d'os subsiste
Mais j'ai l'impression d'être hors-piste,
Comme si mon bohneur m'échappait,
Alors que tout le monde en debordait.
Alors je marche sur les toits,
Sans savoir vraiment où aller,
Et sans étoile pour me guider.
Je tombes et m'allonges dans le froid,
Et je sors de l'étui un harmonica.
Et le son se répend dans les airs,
Jusqu'à ta porte et ets yeux ouverts.
Dehors c'est si glacial,
J'ai l'oeil brouillé par le mal,
Et je me joues un air plaintif,
Pour cacher ma peur,craintif.
Les larmes coulent sur mes joues,
La vision devient un peu floue,
Et la neige continue de tomber,
Emettant ce son si léger,
Et je commence à m'enneiger.
Le chapeau devient blanc,
Les flocons volent dans le vent.
Un hiver comme un autre,
Glaçé dans ma dépouille,
Je sombre,sans les autres,
Seul sous la neige qui se brouille.
Il fait si froid sans toi,
Ma plume brûle mes doigts,
Je me sens comme une feuille en Automne,
La dernière debout avant l'hiver,
Qui, sous un vent monotone,
Finit par virevolter dans les airs.
Puis,dans un sursaut d'émoi,
Je range l'harmonica
[ Drix ]